Les intégrations architecturales de Victor Vasarely et ses œuvres dans l’espace public

L’approche de Victor Vasarely reposait sur le principe d’unir l’art, le design et l’architecture dans un cadre démocratique rendant l’art accessible à tous. Ancrée dans la quête Constructiviste de l’entre-deux-guerres pour un art socialement engagé, sa vision visait à intégrer harmonieusement l’expression artistique dans l’environnement urbain. Bien que le terme Cité Polychrome – qui fait référence à l’amélioration esthétique du paysage urbain – apparaisse dans ses notes dès 1956, il est pleinement développé dans son livre Plasti-Cité (1970).

Sa première commande architecturale lui est confiée en 1954 à l’Université centrale du Venezuela, dans le cadre du projet « Synthèse des arts ». Fort de cette expérience, Vasarely organisa Le Mouvement (1955) à la Galerie Denise René à Paris, où son Manifeste Jaune défendait la reproductibilité de l’art et définissait l’artiste comme un plasticien artiste visuel axé sur l’espace ») plutôt que comme un peintre. Vasarely propose un système modulaire d’« unités plastiques » — des éléments géométriques de couleur et de forme qui peuvent être assemblés de manière algorithmique pour générer des variations infinies. Selon lui, cette modularité offre un « folklore planétaire » universel et non verbal, capable d’harmoniser son système abstrait avec l’espace civique.

En 1958, Vasarely commence ses premières intégrations parisiennes en collaboration avec l’architecte Jean Ginsberg, créant un mur en céramique en gradins rue Camou, une version de Tlinko avenue de Versailles et un relief mural en aluminium boulevard Lannes. À partir de cette période, il étend ses interventions architecturales à l’échelle internationale, portant sa vision en Europe occidentale et orientale, au Mexique, au Canada, en Israël et en Arabie saoudite. Ses projets englobent des gares ferroviaires telles que Paris Gare Montparnasse et Budapest Déli Pályaudvar, des universités telles que Aix-Marseille, le campus Jussieu de la Sorbonne à Paris, Paul-Valéry à Montpellier et les universités d’Essen, Bochum et Bonn ; ainsi que des immeubles d’entreprise tels que RTL à Paris, Zellweger Park Ltd à Uster, en Suisse, et Rosenthal à Berlin. Il a également réalisé des projets pour un large éventail d’institutions culturelles, notamment le Théâtre national de Győr, l’Auditorium Rainier III à Monte-Carlo, ainsi que d’autres sites remarquables tels que la patinoire des Jeux olympiques d’hiver de Grenoble, la Parroquia del Señor de la Resurrección à Mexico et le portrait de Georges Pompidou dans le hall du Centre Pompidou à Paris. Plusieurs de ces œuvres ont été conçues en collaboration avec son fils, Yvaral (Jean-Pierre Vasarely).

Márton Orosz

 

Oerveng, Siege RTL, Paris 
Réalisé par Vasarely & Yvaral
1971

Gare Montparnasse, Fresques murales polychromes, Paris
Réalisé par Vasarely & Yvaral
1971

2e série de croquis pour le logo du centre Pompidou de Jean Widmer

Deutsche Bundesbank, salle de conférence, Frankfurt RFA
Réalisé par Vasarely & Yvaral
1971

Logo final du centre Pompidou de Jean Widmer

Hexa Grace, Monaco auditorium 
Lave émaillée de Volvic
1979

Riu-Kiu, Université de Bonn
Réalisé par Vasarely & Yvaral
1968

Tri-Hexa (Sculpture-Signal), Flaine
1973

Une tour nucléaire de Vasarely - 3

Faculté des Sciences Saint-Jérôme, Marseille
Kroa & Gamma
1972

2e série de croquis pour le logo du centre Pompidou de Jean Widmer
Logo final du centre Pompidou de Jean Widmer